That little tip of a nose | Marcel Proust, The Fugitive | Narrated by Neville Jason

Marcel Proust, The Fugitive (Remembrance of Things Past, Volume 6):

"When, in the summer at Balbec, Albertine used to wait for me beneath the arcades of Incarville and spring into my carriage, not only had she not yet put on weight, she had, as a result of too much exercise, begun to waste; thin, made plainer by an ugly hat which left visible only the tip of an ugly nose, and a side-view, pale cheeks like white slugs, I recognised very little of her, enough however to know, when she sprang into the carriage, that it was she, that she had been punctual in keeping our appointment and had not gone somewhere else; and this was enough; what we love is too much in the past, consists too much in the time that we have spent together for us to require the whole woman; we wish only to be sure that it is she, not to be mistaken as to her identity, a thing far more important than beauty to those who are in love; her cheeks may grow hollow, her body thin, even to those who were originally most proud, in the eyes of the world, of their domination over beauty, that little tip of a nose, that sign in which is summed up the permanent personality of a woman, that algebraical formula, that constant, is sufficient to prevent a man who is courted in the highest society and is in love with her from being free upon a single evening because he is spending his evenings in brushing and entangling, until it is time to go to bed, the hair of the woman whom he loves, or simply in staying by her side, so that he may be with her or she with him, or merely that she may not be with other people".

Audiobook available on Audible.com, narrated by Neville Jason. 13 hrs 21 mins

Livre Audio disponible sur Audible.fr. Lu par Neville Jason. 13 hrs 21 mins

Author

Marcel Proust: Ces soirs glorieux où les offices, les pensionnats, entr'ouverts comme des chapelles, baignés d'une poussière dorée, laissent la rue se couronner de ces demi-déesses

-> A télécharger gratuitement sur LitteratureAudio.com (5 hrs 40 mins) : Marcel Proust, Albertine disparue, Chapitre premier : Le Chagrin et l'Oubli, lu par Orangeno

Bientôt reviendrait la date où j'étais allé à Balbec l'autre été et où mon amour, qui n'était pas encore inséparable de la jalousie et qui ne s'inquiétait pas de ce qu'Albertine faisait toute la journée, devait subir tant d'évolutions avant de devenir cet amour des derniers temps, si particulier, que cette année finale, où avait commencé de changer et où s'était terminée la destinée d'Albertine, m'apparaissait remplie, diverse, vaste comme un siècle. Puis ce serait le souvenir de jours plus tardifs...

Actor
Author

Nietzsche: Jamais encore je n’ai trouvé la femme de qui je voudrais avoir des enfants, si ce n’est cette femme que j’aime : car je t’aime, ô éternité !

-> A télécharger gratuitement sur LitteratureAudio.com (13 hrs 37 mins). Friedrich Nietzsche, 'Ainsi Parlait Zarathoustra', le livre audio complet lu par Guy Marcy

LES SEPT SCEAUX
(OU : LE CHANT DE L’ALPHA ET DE L’OMÉGA)

1.

Si je suis un devin et plein de cet esprit divinatoire qui chemine sur une haute crête entre deux mers, —

qui chemine entre le passé et l’avenir, comme un lourd nuage, — ennemi de tous les étouffants bas-fonds, de tout ce qui est fatigué et qui ne peut ni mourir ni vivre :

prêt à l’éclair dans le sein obscur, prêt au rayons de clarté rédempteur, gonflé d’éclairs affirmateurs ! qui se rient de leur affirmation ! prêt à des foudres divinatrices :

— mais bienheureux celui qui est ainsi gonflé ! Et, en vérité, il faut qu’il soit longtemps suspendu au sommet, comme un lourd orage, celui qui doit un jour allumer la lumière de l’avenir ! —

Actor

Nietzsche: the most grateful animals in the world, these lizards of convalescents with their faces half-turned towards life once more

Friedrich Nietzsche, Human, All Too Human, Preface, 1886

-> 'Human, All Too Human' on Audible.com

-> Nietzsche Audiobooks (English)

PREFACE (1886)

What joy even in the weariness, in the old illness, in the relapses of the convalescent! How he likes to sit still and suffer, to practise patience, to lie in the sun ! Who is as familiar as he with the joy of winter, with the patch of sunshine upon the wall ! They are the most grateful animals in the world, and also the most unassuming, these lizards of convalescents with their faces half-turned towards life once more :—there are those amongst them who never let a day pass without hanging a little hymn of praise on its trailing fringe. And, speaking seriously, it is a radical cure for all pessimism (the well-known disease of old idealists and falsehood-mongers) to become ill after the manner of these free spirits, to remain ill a good while, and then grow well (I mean " better") for a still longer period.

Nietzsche: les animaux les plus reconnaissants du monde, ces convalescents, ces lézards, à demi revenus à la vie

Friedrich Nietzsche, Humain Trop Humain, Préface de 1886

-> Le livre complet à écouter lu dans la traduction anglaise ('Human, All Too Human', 1878), sur Audible

-> Nietzsche Audiobooks (English)

PRÉFACE (1886)

Quel bonheur encore dans la lassitude, l’ancienne maladie, les rechutes du convalescent ! Comme il se complaît à rester tranquillement assis avec son mal, à filer la patience, à se coucher au soleil ? Qui comprend, comme lui, le bonheur qu’il y a dans l’hiver, dans les taches de soleil sur la muraille ! Ils sont les animaux les plus reconnaissants du monde, et les plus modestes, ces convalescents, ces lézards, à demi revenus à la vie : — il y a tels parmi eux qui ne laissent pas passer un jour sans lui appendre au bas de sa robe traînante un petit couplet louangeur. Et pour parler sérieusement : c’est une cure à fond contre tout pessimisme (le cancer, comme on sait, des vieux idéalistes et héros du mensonge) que de tomber malade à la façon de ces esprits libres, de rester malade un bon bout de temps et puis, lentement, bien lentement, de revenir en bonne, j’entends en « meilleure » santé.

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