Marcel Proust, The Fugitive (Remembrance of Things Past, Volume 6):

"When, in the summer at Balbec, Albertine used to wait for me beneath the arcades of Incarville and spring into my carriage, not only had she not yet put on weight, she had, as a result of too much exercise, begun to waste; thin, made plainer by an ugly hat which left visible only the tip of an ugly nose, and a side-view, pale cheeks like white slugs, I recognised very little of her, enough however to know, when she sprang into the carriage, that it was she, that she had been punctual in keeping our appointment and had not gone somewhere else; and this was enough; what we love is too much in the past, consists too much in the time that we have spent together for us to require the whole woman; we wish only to be sure that it is she, not to be mistaken as to her identity, a thing far more important than beauty to those who are in love; her cheeks may grow hollow, her body thin, even to those who were originally most proud, in the eyes of the world, of their domination over beauty, that little tip of a nose, that sign in which is summed up the permanent personality of a woman, that algebraical formula, that constant, is sufficient to prevent a man who is courted in the highest society and is in love with her from being free upon a single evening because he is spending his evenings in brushing and entangling, until it is time to go to bed, the hair of the woman whom he loves, or simply in staying by her side, so that he may be with her or she with him, or merely that she may not be with other people".

Audiobook available on Audible.com, narrated by Neville Jason. 13 hrs 21 mins

Livre Audio disponible sur Audible.fr. Lu par Neville Jason. 13 hrs 21 mins

French: "Quand autrefois à Balbec Albertine m'attendait sous les arcades d'Incarville et sautait dans ma voiture, non seulement elle n'avait pas encore « épaissi », mais à la suite d'excès d'exercice elle avait trop fondu ; maigre, enlaidie par un vilain chapeau qui ne laissait dépasser qu'un petit bout de vilain nez et voir de côté des joues blanches comme des vers blancs, je retrouvais bien peu d'elle, assez cependant pour qu'au saut qu'elle faisait dans ma voiture je susse que c'était elle, qu'elle avait été exacte au rendez-vous et n'était pas allée ailleurs ; et cela suffit ; ce qu'on aime est trop dans le passé, consiste trop dans le temps perdu ensemble pour qu'on ait besoin de toute la femme ; on veut seulement être sûr que c'est elle, ne pas se tromper sur l'identité, autrement importante que la beauté pour ceux qui aiment ; les joues peuvent se creuser, le corps s'amaigrir, même pour ceux qui ont été d'abord le plus orgueilleux aux yeux des autres, de leur domination sur une beauté, ce petit bout de museau, ce signe où se résume la personnalité permanente d'une femme, cet extrait algébrique, cette constance, cela suffit pour qu'un homme attendu dans le plus grand monde, et qui l'aimerait, ne puisse disposer d'une seule de ses soirées parce qu'il passe son temps à peigner et à dépeigner, jusqu'à l'heure de s'endormir, la femme qu'il aime, ou simplement à rester auprès d'elle, pour être avec elle, ou pour qu'elle soit avec lui, ou seulement pour qu'elle ne soit pas avec d'autres." (Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, 6: Albertine disparue (La Fugitive)

Author

That little tip of a nose | Marcel Proust, The Fugitive | Narrated by Neville Jason